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Exploration de la fatigue chez les patients atteints de lésion du système nerveux central

Les patients atteints de lésion du système nerveux central (SNC) acquise bénéficient, le plus souvent, d’une programmation de plusieurs séances de rééducation, axées sur un travail de renforcement musculaire, afin de lutter contre la parésie. Le renforcement musculaire par le biais d’un dynamomètre isocinétique est actuellement une technique proposée dans nos services de rééducation chez les patients présentant une déficience du SNC. Deux modes de contraction sont généralement alors proposés au sein des séances : le mode de contraction concentrique et le mode de contraction isométrique. Ces séances de renforcement musculaire ont comme caractéristique d’engendrer un certain niveau de fatigue et il est montré que les patients atteints de lésion du SNC, tels que les personnes cérébrolésés (Teixera-Salmela et al., 2001) et les blessés médullaires (Alexeeva et al., 2011) sont beaucoup plus fatigables en comparaison à une population saine. Egalement, pour un même niveau de fatigue, il est montré que l’origine de la fatigue (centrale ou périphérique), qui s’installe à la suite d’une sollicitation musculaire, diffère selon que le mode de contraction soit concentrique ou que le mode de contraction soit isométrique (Babault et al., 2005). Les adaptations à court terme des circuits neuronaux spinaux induites par la fatigue neuromusculaire associée à ces entrainements n’ont, à ce jour, jamais été évaluées. Une étude récente menée par Boudarham et al., (2014) suggère, pourtant, que ce type d’entrainement pourrait induire des adaptations à court terme des circuits neuronaux spinaux. En effet, ces auteurs ont étudié la réponse réflexe musculaire du quadriceps en situation de fatigue, au cours de la marche. Dans cette étude, un groupe de sujets hémiparétiques, dans la suite d’un AVC, et un groupe de sujets sains ont réalisé une analyse quantifiée de la marche avant et immédiatement après une séance fatigante, consistant en la répétition de contractions maximales volontaires concentriques des extenseurs de genou. Les résultats de l’analyse EMG montrent, au cours de la marche, une réduction de l’activité réflexe du muscle rectusfemoris affaibli, chez les patients, mais pas chez les sujets sains, après le protocole de fatigue. Ces résultats indiquent que l’influence de la fatigue sur la réponse réflexe n’est pas la même chez le sujet sain et chez le patient présentant un dysfonctionnement des circuits spinaux, à l’origine d’une exacerbation du réflexe d’étirement (spasticité).

Le premier objectif de cette étude est, par conséquent, i) d’évaluer les effets aigus d’une séance de sollicitation musculaire, induisant une fatigue neuromusculaire, par le biais du dynamomètre isocinétique, sur les adaptations à court terme au niveau neuronale spinale, ii) de comparer ces résultats à ceux observés chez des sujets « sains » et iii) d’étudier si ces effets différent en fonction du mode de contraction proposé (concentrique ou excentrique)

Enfin, ces séances de renforcement musculaire sont généralement proposées dans le cadre de programme de rééducation s’étalant sur plusieurs semaines.

Le second objectif est par conséquent d’étudier i) les effets de séances de renforcement musculaire répétés, induisant une fatigue neuromusculaire, sur les adaptations à long terme des circuits neuronaux spinaux, ii) de comparer les phénomènes d’adaptation observés à court terme à ceux observés à long terme et iii) de déterminer l’évolution de ces adaptations à long terme au court du temps.

Schéma